Un plan stratégique de six axes pour Jessy C. Petit-Frère au MCI Imprimer Envoyer

La nouvelle ministre du Commerce et de l'Industrie, Jessy C. Petit-Frère, a été investie dans ses fonctions le mardi 29 mars 2016, lors d’une cérémonie présidée par le ministre du Tourisme et des Industries créatives, Guy Didier Hyppolite, en présence du ministre sortant Jude Hervey Day. La nouvelle titulaire du MCI a dévoilé ses objectifs…

La nouvelle titulaire du ministère du Commerce et de l’Industrie, Jessy C. Petit-Frère, prend les rênes du MCI pendant que l’augmentation du coût de la vie et la dépréciation de la monnaie nationale continuent d’affecter le pouvoir d’achat des ménages et les résultats des entreprises. Mme Petit-Frère se dit consciente que les perspectives ne sont guère rassurantes. « Le constat partagé est le suivant : un secteur privé des affaires en grande difficulté ; un accès difficile au financement bancaire et des coûts de financement élevés ; un manque de dialogue entre l’Etat et le secteur privé ; une législation désuète, dépassée et inadaptée au besoin actuel ; un ralentissement de la croissance de la production nationale… », a listé la nouvelle ministre lors de son installation, ce mardi 29 mars.


La nouvelle titulaire du ministère du Commerce et de l’Industrie, Jessy C. Petit-Frère, a dévoilé ses objectifs à la tête dudit ministère. Avec la mise en œuvre d’un plan stratégique de six grands axes, Mme Petit-Frère compte relever un ensemble de défis. La nouvelle figure du MCI a dit qu’elle va travailler pour l’amélioration de la réglementation du cadre des affaires ; la mise en place des dispositifs institutionnels rationnalisés d’appui aux entreprises ; la relance du secteur productif ; la décentralisation territoriale du commerce et de l’industrie ; l’intensification de la coopération économique et des échanges commerciaux ; et la régularisation du secteur informel. Mme Petit-Frère a avoué que le secteur privé est le moteur du développement et l’essence de la croissance du pays. En ce sens, elle a promis que, sous son règne, le MCI serait un catalyseur. « Les entreprises et les PME seront stimulées, encadrées afin de relancer la croissance dans le pays, dont l’effet multiplicateur générera des emplois durables », a soutenu la successeure de Jude Hervey Day. Elle affirme que le ministère travaillera ardemment à la modernisation du cadre réglementaire des affaires pour éliminer, sinon atténuer les contraintes auxquelles se heurtent les entreprises et créer un environnement plus favorable à de nouveaux investissements.

En dépit du temps imparti, Jessy C. Petit-Frère dit qu’il est indispensable de stimuler les secteurs à fort potentiel d’exportation. « Le MCI s’attachera à faire des efforts pour répondre à des besoins urgents des exportateurs en rapprochant la productivité au marché cible et en développant une offre plus attractive et plus diversifiée », a souligné la ministre, ajoutant qu’un juste équilibre sera trouvé dans les échanges internationaux avec ses partenaires dans la région.

Le problème du milieu rural sera également abordé sous le règne de la cinquième femme à occuper le MCI. Mme Petit-Frère permettra au milieu rural de bénéficier d’une intégration en vue de favoriser un dynamisme économique, à travers la décentralisation territoriale du commerce et de l’industrie dans les dix départements. « C’est ce qui va permettre de résorber le chômage et permettre aux Haïtiens de la diaspora de trouver un terrain fertile et propice à l’investissement à travers des projets innovants », a-t-elle expliqué. « Nous comptons créer un plan stratégique pour un système national d’innovation haïtien devant désigner les secteurs essentiels à forte valeur ajoutée et à forte intensité technologique dans lequel le pouvoir public et l’université haïtienne doivent intervenir », a-t-elle soutenu.

La ministre indique que, de concert avec les universités, son administration va valoriser les savoirs locaux et aider les réseaux de femmes entrepreneurs au niveau de la paysannerie et des centres urbains afin de contrer le phénomène de l’exode rural massif vers Port-au-Prince. Elle dit souhaiter jeter définitivement les bases d’une politique d’industrialisation et de développement des pôles de croissance dans le pays.

Le MCI va également s’attaquer au problème du secteur informel. La ministre Petit-Frère dit qu’elle va rendre accessible certains services aux nano-entreprises (vendeurs de téléphones, de pèpè…) en mettant en place des mesures collectives nécessaires pour favoriser une approche entrepreneuriale de l’économie informelle. « Nous allons chercher à travailler sur la reconnaissance des métiers », a-t-elle dit, mentionnant la mise en place d’un fonds de garantie qui permette d’octroyer des crédits à tout entrepreneur informel souhaitant se formaliser.

Prenant la parole en la circonstance, le ministre sortant, Jude Hervey Day, a indiqué à la nouvelle ministre qu’elle trouvera un personnel de jeunes diplômés dévoués au travail et de moins jeunes expérimentés. « C’est un ministère en pleine mutation », a souligné M. Day.

De son côté, le directeur général du ministère, Ghisler Dugas, dit ne pas avoir de doute sur la capacité de Mme Jessy C. Petit-Frère à faire face aux énormes enjeux du secteur. « Pour avoir travaillé au ministère au tout début de votre carrière et fourni récemment encore vos services de consultation sur certains dossiers importants en cours d’exécution, et en plus pour avoir prêté vos services au plus haut niveau de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel, on peut dire que vous êtes en terrain connu », a souligné M. Dugas, ajoutant qu’avec sa nomination au MCI, on ne peut qu’augurer des jours meilleurs pour ce secteur et pour toute l’économie haïtienne. -