TABLE RONDE SUR LES MICRO-PARCS INDUSTRIELS Haïti et sa Politique Industrielle Print E-mail


 

République d’Haïti


 TABLE RONDE SUR LES MICRO-PARCS INDUSTRIELS

Haïti et sa Politique Industrielle

Allocution de la Ministre du Commerce et de l’Industrie

Jessy C. Petit-Frère











20 septembre 2016



Son Excellence Monsieur Le Premier ministre,

Son excellence Monsieur L’Ambassadeur

Mesdames, Messieurs, les Ministres,

Messieurs les Représentants des organisations internationales,

Messieurs les membres de la délégation d l’ONUDI,

Mesdames, Messieurs, les membres du Secteur privé,

Mesdames, Messieurs les fonctionnaires publics,

Mesdames Messieurs,

Chers invités de marque,


J’ai l’honneur de vous accueillir aujourd’hui à la table ronde du Ministère du Commerce et de l’Industrie sur les Micro Parcs Industriels.  Il s’agit d’un sujet prioritaire pour le gouvernement Privet/Jean-Charles dont j’ai l’immense honneur et la responsabilité de conduire les politiques publiques relatives au développement industriel.


Je salue la présence des représentants de la Coopération Internationale, la Banque Interaméricaine de développement et l’Union Européenne qui ne cessent d’œuvrer aux cotés des gouvernements successifs pour le développement du pays.


J’ai aussi l’immense plaisir de recevoir en ce jour spécial la délégation de l’ONUDI dans le cadre du prolongement de partenariat durable, existant entre le Gouvernement Haïtien et l’Institution Onusienne, par le truchement du Ministère du Commerce et de l’Industrie.


La présence en Haïti de ces hauts cadres de l’ONUDI est un témoignage que la coopération bilatérale est un terreau fertile à la construction d’un lendemain meilleur pour notre pays.  Nous devrions nous évertuer à donner le meilleur de nous mêmes pour tirer profit de cette collaboration à travers une assistance technique portant sur des thématiques pour lesquelles assez souvent les compétences ne sont disponibles immédiatement!


Aujourd’hui, il est important, de faire publiquement un bilan plus ou moins exhaustif afin de comprendre que nous sommes à un carrefour et les stratégies à mettre en œuvre dans le secteur économique doivent être en adéquation avec la vision du Ministère dont j’ai la charge.  Depuis 2011, des ressources considérables à hauteur de plusieurs millions de dollars (Union Européenne en 2016 : 189,000,000.00 HTG et Banque Interaméricaine de Développement en 2013 : 34,000,000.00 USD) ont été mis à disponibilité du Gouvernement qui, en fonction de sa volonté de créer un tissu productif local, a fait le choix d’orienter une partie de cet argent vers la création de Micro Parc Industriel.  Cette priorisation des micros parcs n’est pas de nouvelle, elle est la résultante d’une compréhension mutuelle par toutes les institutions ici présentes sur un fait : La situation catastrophique du pays sur le plan du développement industriel.  Ce, en dépit des énormes potentialités dont dispose le pays dans des domaines comme l’agro-industrie dont la mauvaise exploitation frise le gaspillage.


Le potentiel est là, il faut simplement consentir les efforts nécessaires pour l’exploiter de façon optimale.  L’implantation des micros parcs diversifiés participe à cet effort dont la finalité est de créer de la valeur ajoutée dans l’économie.  Par ailleurs, il faut adjoindre à cet effort d’autres conditionnalités qui, mises bout à bout, pourront garantir l’ouverture du marché régional et international.  La disponibilité d’une infrastructure de qualité est l’une de ces conditionnalités.  Autrement dit, la dynamique actuelle au sein du MCI vise à mettre en valeur les filières locales dans une perspective d’exportation à moyen terme grâce au perfectionnement d’un modèle équilibré garantissant des retombées économiques durables.


Néanmoins, s’il est vrai que les micros parcs représentent ce dispositif susceptible donner au pays un élan économique, il n’en demeure pas moins qu’un schéma de développement socio-économique ne peut être envisagé sans la mise en place d’une politique industrielle qui tient compte des spécificités du pays.


En effet, au cours du mois de juin 2016, je me suis rendue dans la capitale autrichienne au siège de l’ONUDI pour rencontrer le responsable de la région Amérique latine et des caraïbes et son staff, Monsieur Carlos Chanduvi, le Directeur Général de l’ONUDI, Monsieur Li Yong, pour discuter sur les modalités d’une nouvelle axe de coopération entre l’ONUDI et Haïti.  Nous avions discuté sur la nécessité d’établir une stratégie pays dont la pierre angulaire serait la définition d’une politique industrielle qui tient compte des potentialités du pays et des opportunités offertes par les projets en cours d’exécution au MCI et qui sont financés soit par la BID, soit par la Banque Mondiale, soit par l’Union Européenne etc.


Dans cette perspective, toute une démonstration m’a été faite sur des programmes pays en cours au Salvador, à Cuba, en Colombie et au Sénégal, Côte d’Ivoire dont les structures pourraient être partiellement répliquées en Haïti.  Ma conviction en ce sens a été formée et arrêtée sur l’élément suivant : l’ONUDI devra aider à élaborer une stratégie pays établissant les fondements d’une politique industrielle pour faire d’Haïti un pays émergent d’ici l’horizon 2030 en concordance avec le Plan Stratégique de Développement d’Haïti (PSDH).  Pour garantir l’uniformité de la démarche, nous avions aussi défini trois grandes priorités, hiérarchisées en fonction des spécificités et des contraintes inhérentes à notre pays.  Souffrez Mesdames et Messieurs que j’énumère ces priorités ainsi que leurs déclinaisons :

Priorité 1: Politique industrielle

  • Formulation d'une politique industrielle ;
  • Mise à disposition d'experts afin de concevoir et mettre en œuvre les micro-parcs industriels en lien avec l'utilisation d'énergie renouvelable ;
  • Appui à la préparation d'une étude sur les potentialités des régions et sur les chaînes de valeur stratégiques.

Priorité 2: Infrastructure de Qualité

  • Mise en œuvre d'une politique nationale de la qualité ;
  • Application de la qualité aux chaines de valeur prioritaires ;
  • La facilitation du commerce ;
  • Mise en place d'une culture de la qualité.

Priorité 3: Environnement des affaires et des PME

  • Promotion de l'investissement ;
  • Création de clusters ;
  • Formations professionnelles pour les jeunes et développement de l'esprit d'entreprise ;
  • Développement des PME par le biais des liens avec le tourisme.


Les axes d’intervention retenus et les priorités définies appellent à la mutualisation de certaines compétences du fait de la transversalité des thématiques prises en compte dans la stratégie envisagée.  C’est ainsi que je me suis engagée à aller au-delà de tout clivage pour intégrer les ministères sectoriels concernés par cette transversalité afin de créer une synergie qui soit profitable au pays, au-delà même des frontières temporelles de ce gouvernement.  Haïti d’abord, Haïti toujours, tel est le leitmotiv qui gouverne mes actions depuis mon accession à la tête du MCI où je mets tout en œuvre afin de contribuer durablement à la création de richesse et résorber le chômage massif des jeunes.


Mesdames/Messieurs,


Autour de cette table ronde, il nous faut aussi nous questionner sur la problématique du service public.  L’Etat a la responsabilité de mettre à disposition des investisseurs et entrepreneurs les infrastructures nécessaires au développement de l’industrie, à la production et à la création d’emplois.  Ainsi donc, je vous donne quelques pistes pour les discussions, avec la préoccupation sur les micros-parcs en toile de fond :


En cela, Il faut aujourd’hui poser la question du modèle de financement des micros parcs.  Quels seront les partenaires directs ?  Quels seront les bénéficiaires ?  Quel outil financier sera appliqué ?  Mais surtout comment rendre les micros parcs financièrement soutenables sur le long terme.


Ce faisant, il faut débattre de la question du statut légal qui doit être suffisament flexible pour garantir des partenariats avec le secteur privé.  Les Partenariats/Publics/Privés (PPP) peuvent constituer la clé de voute, le cœur de la réussite des micros parcs.  C’est pourquoi le Gouvernement entend jouer pleinement son rôle aux côtés d’un secteur privé qui innove, crée des emplois mais surtout qui apporte son expérience et son esprit d’entreprenariat dans le respect de l’éthique environnementale, de l’équité de genre et de la responsabilité sociale pour optimiser tout rapprochement entre micros parcs et secteur privé.

Par ailleurs, Le climat des affaires en Haïti n’a pas donné satisfaction en ce qui a trait aux Investissements Directs Etrangers (IDE).  Le défi du micro parc sera de créer les conditions favorables qui puissent attirer les investisseurs étrangers dans le pays.  Haïti est non seulement ouvert aux affaires mais Haïti se doit aujourd’hui d’entreprendre réellement des affaires. L’innovation, l’exploitation des filières, l’arrivée de nouveaux capitaux et de nouveaux partenaires non traditionnels ne peuvent être que bénéfiques pour Haïti.  Tous les secteurs visés par les micros parcs seront hautement bénéficiaires : le tourisme, l’agro-industrie, l’énergie mais aussi la pêche pour ne citer que ceux-là.  Le transfert de connaissance sera aussi un axe majeur car nous voulons former nos jeunes aux affaires et à l’entreprenariat.  Des programmes universitaires et vocationnels seront aussi mis sur place afin de fournir une offre de travail locale.


Autant d’implications autour du micro parc qui alimenteront la croissance tant recherchée mais dont nous devons lancer les bases dès maintenant en prenant les mesures difficiles mais nécessaires qui s’imposent.  Chers partenaires, je compte sur vous pour jouer votre rôle dans le développement des micros parcs.  Vos institutions, vos secteurs, vos entreprises, vos associations, vos chambres de commerce ont tant à gagner.  Notre cher pays Haïti a tant à gagner.


Au nom de son Excellence le Président de la République Monsieur Jocelerme Privert, au nom de son Excellence le Premier Ministre Monsieur Enex Jean Charles, permettez-moi de remercier chacun de vous, Membre du Gouvernement, Membres de mon Cabinet, Cadres du MCI et surtout, aux Membres de la Coopération, de la délégation de l’ONUDI qui ne font pas d’économie d’énergie pour apporter leur soutien en mettant à profit leurs connaissances et leurs compétences au bénéfice du peuple haïtien.  Je vous souhaite une fructueuse table ronde dans un esprit de synergie patriotique.  Cela dit, la présence de cette mission de l’ONUDI est un gage de cette volonté d’aider Haïti.  Merci !