Un guichet unique aux entrepreneurs et aspirants entrepreneurs. Print E-mail

Ce jeudi 1er septembre 2016, le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), avec l’appui de la BID et du programme d’appui national à la structuration de l’entrepreneuriat haïtien (PANSEH), organise, au Karibe Convention Center, un Salon des PME. En prélude à cette activité, Le National rencontre de façon exclusive Jessy C. Petit-Frère, ministre du Commerce et de l’Industrie (MCI). Sur la question des 23 produits frappés de restriction, la ministre dit ne pas pouvoir confirmer que la mesure est levée. Madame Petit-Frère informe cependant qu’une étude est disponible sur la question et que des discussions sont entamées avec les parties concernées avant de prendre les décisions qui s’imposent.


Le National : Dans quels objectifs le Salon des PME est-il organisé ?

Jessy C.Petit-Frère : Dans le cadre de l’action gouvernementale, accompagner les Petites et moyennes entreprises (PME) est l’un des axes prioritaires. De façon générale, nous œuvrons de manière à renforcer le secteur privé des affaires. C’est dans l’objectif d’accompagner les PME et de renforcer le secteur privé que le Salon de la PME haïtienne sera organisé. Ce Forum qui sera une grande opportunité pour les entreprises et les entrepreneurs permettra d’entamer un véritable dialogue avec le secteur privé dans sa totalité. Le salon sera aussi un espace de dialogue entre les PME investisseurs, les firmes de consultations et les institutions financières. Ce sera comme un guichet unique où l’entrepreneur et aspirant entrepreneur peuvent tout trouver. De plus, les différents programmes d’accompagnement du ministère seront présentés aux participants qui auront également l’opportunité d’enregistrer leur entreprise dans nos différents programmes.


L.N. : Qu’en est-il des résultats attendus ?

J.C.P.F. : La finalité de ce Forum est surtout de permettre aux entreprises d’avoir accès à l’accompagnement ou aux services d’appui technique du ministère. À partir des appuis techniques, nous allons pouvoir être un couloir de transmission entre les entreprises, investisseurs en quête de financement et les institutions financières. C’est pourquoi nous souhaitons avoir un grand nombre d’entreprises au salon. Et celles qui ne se présenteraient pas peuvent passer au ministère pour disposer des informations nécessaires. Il faut dire que cette activité va se répéter dans le milieu rural question d’identifier et d’accompagner le maximum de petites et moyennes entreprises possible.


L.N. : On donne des supports techniques, certes. Mais les entrepreneurs ont toujours du mal à accéder au crédit pour développer leur entreprise. Quelles réponses concrètes allez-vous apporter ?

J.C.PF. : C’est justement pourquoi nous avons mis l’emphase sur le thème « Financement et croissance de la PME haïtienne : défis et perspectives ». Les défis seront identifiés et adressés dans le cadre de cette activité. Donc les réponses seront désormais trouvées. L’objectif c’est de permettre aux institutions d’avoir accès au financement en essayant de combler le fossé qui existe entre les institutions financières et les PME. Nous avons déjà deux (2) institutions qui nous accompagnent : le SOFIDHES et la BRH. Et nous espérons que les autres arriveront dans la mesure où nous avions eu une rencontre avec vingt-cinq (25) au total qui se montrent intéressées. C’est un début qui va se faire dans le Forum et nous espérons que les résultats seront obtenus. Il faut ajouter que pour avoir accès au financement, il faut en général une structure et un plan d’affaires bien articulé. Et le MCI aide à remplir ces exigences.


L.N. : Les programmes d’appui aux entreprises au niveau du ministère, comment avancent-ils ?

J.C.P.F. : Je ne peux pas dire à grands pas, dans la mesure où les entreprises haïtiennes fonctionnent comme l’économie fonctionne. Il faut renforcer les capacités du ministère. Il faut trouver du financement pour que ces programmes puissent apporter tous les soutiens nécessaires aux entreprises. C’est pourquoi nous avons déjà introduit des idées novatrices dans le ministère. Nous pensons par exemple faire une réforme importante au Centre de développement des entreprises (CDE) et nous voulons aussi développer une complémentarité entre les différents programmes. Ceci nous permettra d’adresser tous les besoins de toutes les entreprises.


L.N. : Sur le dossier de l’huile, dite l’huile de poule, comment avance  ce dossier ?

Pour l’huile de poule, il y a un travail énorme qui est déjà fait par le ministère du Commerce. Nous avions rapidement diligenté une enquête sur la question. Des équipes travaillent au niveau des villes de principe concernées, et même au niveau de la capitale. L’enquête progresse bien, et vous aurez les résultats sous peu.


L.N. : Selon des informations obtenues par le journal, la mesure d’interdiction ayant frappé les 23 produits en provenance de la République voisine serait levée. Vous confirmez ?

J.C.P.F. : Je ne vais pas confirmer que la mesure d’importation des vingt-trois (23) produits par voie terrestre est levée. Je veux plutôt vous informer que nous avons fait une étude approfondie sur les vingt-trois (23) produits au niveau du ministère du Commerce et de l’Industrie. Les résultats de l’étude sont là, au ministère. Nous en avons déjà discuté en Conseil de gouvernement. Et nous continuons à discuter avec toutes les parties prenantes, dont le Parlement et la République dominicaine, pour des réflexions plus profondes sur cette affaire avant de prendre les mesures qui s’imposent.

Propos recueillis par Enomy GERMAIN