Visite du Ministre Valcourt du Canada en Haiti

Monsieur  le Premier Ministre

Monsieur l’Honorable Ministre Bernard VALCOURT

Mesdames, Messieurs les Ministres

Monsieur l’Ambassadeur  du Canada accrédité en Haïti

Mesdames, Messieurs les Hauts cadres de l’Administration Publique

Mesdames, Messieurs les Membres du personnel de l’Ambassade

Distingués invités

Mesdames, Messieurs

Au nom du Président de la République Monsieur Michel Joseph Martelly et du Chef de Gouvernement, Monsieur le Premier Ministre Laurent Salvador Lamothe, de celui des membres du Gouvernement et du peuple haïtien tout entier, mes premiers mots sont pour souhaiter la bienvenue en Haïti à  l’Honorable Bernard Valcourt, Ministre associé de la Défense Nationale et Ministre d’État en charge de la promotion économique du Canada atlantique. Ces mots s’étendent également à l’ensemble de la Délégation qui l’accompagne. Monsieur le Ministre, comme vous le savez bien, une catégorie récente et assez particulière a été inventée dans les moments de grande difficulté de notre pays dans les relations internationales : « les pays amis d’Haïti ». Dans la tête et dans le cœur de chaque citoyen haïtien cette catégorie n’est pas qu’une simple figure de style ou un concept abstrait en ce qui concerne votre pays. Le Canada est vraiment considéré comme un pays ami d’Haïti. Pour des raisons culturelles, historiques, géographiques, peut-être politiques aussi, le peuple haïtien se sent très proche du peuple canadien. Monsieur l’ambassadeur Normandin a du vous le dire, au cas où vous seriez à votre première visite.  Ici, en Haïti, Monsieur le Ministre, vous êtes chez vous.

Votre pays représente l’un de ceux qui a le mieux intégré nos compatriotes et leur a permis d’exploiter leur plein potentiel. Par ma voix, le peuple haïtien tient à vous présenter à vous ainsi qu’à tous vos compatriotes l’expression de ses sincères remerciements.

Monsieur le Ministre, Mesdames, Messieurs les Membres de la Délégation,

Le destin d’Haïti, depuis les pères fondateurs, par leur implication dans la libération des peuples de l’Amérique, à la période récente des vagues d’émigration de nos jeunes bras et nos jeunes cerveaux, semble d’être bâtisseur universel. Les haïtiens ont été sous tous les cieux de la région pour contribuer au rayonnement des différents pays qui la composent. Pour la paix et la sécurité du pays et de la région aujourd’hui, Haïti a besoin de se bâtir, de se rebâtir. Oui, le moment est venu pour ce pays, dont le peuple est reconnu sous tous les cieux pour ses qualités exceptionnelles d’intelligence, d’ingéniosité, de discipline, de générosité dans l’effort, de son sens du sacrifice, de se reconstruire. Les potentialités pour ce faire sont là. Elles sont énormes dans certains cas. Des secteurs clés comme l’agriculture et l’agribusiness, les infrastructures et la construction, l’énergie, la manufacture en particulier le textile, le tourisme, les mines ont été identifiés comme pouvant permettre au pays de s’inscrire très vite sur une trajectoire de croissance très vigoureuse et créatrice d’emplois. Il s’agit de les valoriser.

C’est pour cela que, depuis la campagne électorale qui l’a porté à la première magistrature de l’État, le Président de la République  n’a de cesse de rappeler à tous qu’il veut sortir le pays de l’ère de l’assistance humanitaire pour l’engager résolument dans une ère de prospérité basée sur des investissements productifs qui valorisent le territoire et ses ressources, les hommes, les femmes et leurs talents. Ce discours repris à chaque occasion et particulièrement à la tribune des Nations-Unies l’année dernière était pour solliciter l’appui des pays amis d’Haïti dans une double démarche à conduire simultanément : d’abord aider le pays à renforcer ses institutions de support à l’économique; et, concomitamment l’accompagner auprès des institutions financières internationales pour faire lever la contrainte imposée à l’investissement étranger en Haïti, c’est–à-dire la côte très négative du pays auprès de ces institutions à cause de sa notation triple D. Haïti a hérité de cette notation de pays à risque important pour l’investissement après la décision d’annulation de la dette en sa faveur de la part ses créanciers internationaux, en particulier le FMI, après le passage des trois cyclones en 2008. Tout juste après, il y a eu le terrible tremblement de terre avec ses conséquences sociales majeures et la perte d’une bonne partie du patrimoine économique du pays. Il est évident aujourd’hui que le pays ne peut pas se reconstruire dans la paix sans une considération spéciale pour desserrer cette contrainte de la part de ses partenaires. Le pays compte beaucoup sur le Canada pour l’aider à lever cette hypothèque sur l’investissement privé, le moyen plus sûr pour créer des emplois durables, améliorer la qualité et les niveaux de vie des citoyens et garantir une paix sociale durable.

De manière plus concrète, nous sollicitons du Gouvernement Canadien de nous aider à contourner cet obstacle en encourageant directement les investisseurs qui le désirent à venir investir en Haïti. En créant par exemple un fonds spécial de garantie en faveur de ces investissements. Le Gouvernement Haïtien vient de concert avec la BID et le Département d’État Américain de prouver qu’il est possible d’attirer des investissements importants par l’établissement d’un grand Parc Industriel dans le Nord du pays à Caracol. Il est à espérer que de grandes institutions comme la Banque Mondiale empruntent la même voie en finançant des projets de grande envergure identifiés d’un commun accord avec le Gouvernement.

Le Gouvernement pour sa part est mobilisé pour traquer les obstacles à l’investissement un à un. D’abord, en mars 2012, il a réuni les États Généraux de l’investissement en Haïti où les partenaires économiques ont été invités par le Président de la République à dire tout sans tabous ni contraintes. Pour aider à identifier les obstacles. Pour indiquer les voies à suivre pour les lever. Un ensemble de mesures dont certaines ont été déjà identifiées sont prises. Elles consistent par exemple :

  • Dans le renforcement du Centre de Facilitation de l’Investissement, le CFI;
  • L’engagement à réduire les délais pour l’incorporation d’une société anonyme les faisant passer de 105 à 10 jours;
  • L’élaboration et le dépôt au Parlement de projet de lois par exemple :
    • SANCTIONNANT LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME pour mettre le système bancaire haïtien aux normes internationales;
    • DU PROJET DE LOI PORTANT CRE?ATION  DU CENTRE NATIONAL DE LA NORMALISATION,  DE CERTIFICATION ET DE PROMOTION de la qualité pour favoriser le développement du commerce extérieur;
    • DU PROJET DE LOI SUR L’ADMINISTRATION ELECTRONIQUE;
    • DU PROJET DE LOI SUR LA SIGNATURE ELECTRONIQUE ADAPTANT LE DROIT DE LA PREUVE AUX TECHNOLOGIES DE l’information

Dans la même veine, plusieurs arrêtés présidentiels d’application des lois en rapport à l’investissement ont été publiés portant par exemple :

  • sur le fonctionnement des zones franches et des zones économiques spéciales,
  • sur la copropriété,

Une Commission de Réforme de la Législation des Affaires va être installée bientôt, en fait demain matin. Son mandat : revisiter notre Code du Commerce qui date de 1826. En deux siècles, ce code n’a connu qu’un seul amendement en 1944. Ce qui le rend complètement inapproprié pour répondre aux besoins du secteur privé et du développement des affaires en constante mutation.

Le Président de la République, le Gouvernement essayent par tous les moyens de joindre l’acte à la parole. Les décisions de nommer les juges de la Cour de Cassation et d’instituer le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire procèdent de la volonté de consacrer la séparation des trois pouvoirs et d’assurer la stabilité politique, condition nécessaire pour une relance de l’investissement durable dans le pays.

Le concept est devenu aujourd’hui universel : plus les richesses d’un pays augmentent et mieux elles sont distribuées, plus le niveau de vie est élevé et l’accès aux droits sociaux, économiques et politiques sont réels et garantis, plus la stabilité politique nécessaire à une prospérité durable a la possibilité de s’installer. Vous conviendrez avec nous que rentrer dans ce cercle vertueux est un vrai défi pour ce Gouvernement! Nous sommes convaincus de pouvoir rentrer dans cette dynamique de stabilité et de prospérité, avec notre engagement ferme à lever les défis, les barrières et aussi, avec le support …de nos « pays amis ». Les réformes majeures que nous avons déjà engagées ou sommes en train de préparer dans différents domaines  reflètent notre volonté de mettre en place les conditions pour une croissance forte et durable, pour l’épanouissement de notre société.

Nous comprenons la venue de cette mission commerciale conduite par l’honorable Ministre Bernard Valcourt comme signe de la volonté du Canada d’avancer avec Haïti dans cette direction. Nous sommes à votre écoute pour partager avec vous les informations dont vous avez besoin pour instruire vos décisions.  Nous vous souhaitons donc une fructueuse mission dans notre pays.

Je vous remercie

Port-au-Prince, le 6 Septembre 2012.

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